Accepter de les laisser grandir

Je suis devenue maman pour la première fois, il y a un peu plus de cinq ans. Du haut de mes 21 ans, j’avais tout d’une grande personne… En couple depuis 5 ans, fraichement propriétaire d’une jolie maison et un job intéressant en CDI, tout était enfin réuni pour boucler la boucle : fonder une famille ! Nous avons donc décidé de foncer, sans être vraiment conscient de ce qui nous attendait… mais c’était sûr, ce bébé, on le voulait !! 

À peine deux mois après, le petit + est apparu ! Entre joie et excitation, nous étions déjà comblés ! Et la vie fût généreuse avec nous, en nous offrant le bonheur d’avoir des jumeaux. J’ai mis du temps à réaliser, mais j’étais tellement heureuse et épanouie. Cependant, plus la date du terme approchait, plus j’avais peur… Peur de donner la vie… Et je ne voulais qu’une seule chose, les garder en moi, là, tout contre mon coeur…

Avec du recul, j’ai compris qu’à l’époque, je n’étais pas prête à devenir mère

Car oui, au fond de moi, j’ai encore 17 ans… Pourtant, j’ai grandi bien trop vite. Après tout, 17 ans c’est le bel âge ! À l’aube de la majorité, où l’on devient adulte et où on se doit d’assumer toutes les responsabilités que cela engendre… À 17 ans, on est encore un peu un  enfant… Et j’avoue, du haut de mes 28 ans et demi, je me considère encore comme une femme-enfant !

Vieillir est obligatoire, mais grandir est un choix

J’aime beaucoup cette citation, qui représente tout à fait ce que je ressens. « Grandir est un choix », mais faut-il encore l’accepter. Garder son âme d’enfant et un brin d’insousciance est si rassurant… Vivre au jour le jour, ne pas trop penser à demain, profiter de l’instant présent… J’aime vivre ma vie ainsi ! 

Malheureusement, refuser de grandir peut avoir des impacts négatifs sur ses propres enfants. Et la culpabilité de ne pas « faire bien » est plus forte que tout.

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À leur rentrée en maternelle, un retard de langage important a été décelé chez mes garçons, ainsi qu’un retard de comportement… Ce fût un peu le coup de massue, j’étais complètement déstabilisée et je me suis imaginée le pire ! Au fil du temps et après tout un tas de bilans, le verdict est tombé ! Mes enfants sont normaux, certes avec un retard de langage (ils s’expriment comme des enfants de 3 ans à l’âge de 5 ans…) mais psychologiquement parlant, tout va bien. Enfin presque… ils manquent surtout de confiance en eux et sont émotionnellement immatures.

Angoisse de séparation, besoin d’attention et de beaucoup d’amour. Au final, ils sont tout comme moi… Mais la chance qu’ils ont, c’est que par rapport à mon vécu, je suis une vraie maman louve. Je n’ai pas eu la chance d’avoir une maman maternante et mon père était bien trop souvent absent à cause de son travail. J’ai grandi seule avec mes angoisses. Plus jeune, j’étais terrorisée à l’idée d’être abandonnée par ma mère, mais après tout c’était naturel comme peur, vu que le lien d’attachement n’était pas vraiment présent… Je suis donc devenue à l’extrême de ce que j’ai pu connaitre en terme de figure maternelle, pour combler toutes mes carences affectives.

J’assume totalement mon côté maman louve, même si ce n’est pas toujours facile au quotidien. J’aime mes enfants plus que tout, ils sont toute ma vie, mais parfois j’aimerais réussir à lâcher prise, en les laissant grandir, s’épanouir autrement qu’avec moi… Les avoir près de moi, comble tellement ce manque d’amour et de tendresse, que je n’ai pas eu enfant, que j’exerce une certaine emprise sur eux qui les rend complément dépendants de moi. Ils me nourrissent de l’intérieur… Je ne pense pas que cette relation soit néfaste pour eux, mais un jour, il faudra les sevrer de ce trop plein et accepter de couper le cordon

À présent, je comprends mieux pourquoi la maternité m’épanouie à ce point.

Un jour, je suis tombée par hasard sur une phrase qui disait : aimer, c’est savoir se séparer.  Et étrangement, cette phrase est restée ancrer au plus profond de mon être. On peut aimer une personne à en crever, tout en acceptant de la laisser partir. Et dans ce cas particulier, c’est-à-dire, nos enfants, aimer, c’est accepter qu’ils grandissent et les laisser prendre leur envol…

C’est tellement difficile à admettre lorsque nous n’avons pas grandi nous-même… 

Le chemin est encore long. Mes bébés grandissent et moi avec. J’ai encore tant de choses à guérir au fond de moi, pour les aider à avancer dans la bonne direction. Mais je suis certaine, qu’ensemble, nous y arriverons.

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Je suis loin d’être une mère parfaite. Je fais juste de mon mieux pour que mes enfants grandissent dans un environnement serein. Nous nous trimballons tous des bagages plus ou moins lourd tout au long de notre vie. Je pense sincèrement qu’il est impossible de s’en débarrasser, mais la grosse valise peut aussi bien se transformer en petit sac à dos… Je ne souhaite vraiment pas transmettre mes grosses valises à mes enfants, en plus de celles qu’ils ont déjà depuis leur venue au monde. Alors, je me remets en question, j’essaie de comprendre le pourquoi du comment, je lis, j’écris… Je tâtonne par-ci, par là… Une chose est sûre, c’est que j’avance doucement, mais surement !

J’espère réussir un jour à ne plus avoir cette peur extrême de les perdre, d’apprendre à gérer mes angoisses face aux séparations (que ce soit pour une journée ou un week-end). J’aimerais aussi parvenir à faire confiance aux autres et arrêter de croire que je suis la seule personne au monde à savoir bien m’occuper d’eux (même si j’en suis quand même intimement persuadée^^). J’ai tellement peur de perdre le contrôle, mais il faut bien que j’accepte de les voir partir un jour. Enfin, quoi qu’il arrive, je ne serais jamais bien loin

Maman louve un jour, maman louve toujours… 

Aux amours de ma vie : E, I & L 

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17 réflexions sur “Accepter de les laisser grandir

  1. C’est jamais evident de les laisser j’ai mis bcp de temps et des pleurs a chaque fois que je me separait d’eux maintenant moins j’aime pas être loin d’eux mais ça fais du bien même si je m’ennuie quand ils sont pas la parfois ils vont dormir chez leur Tata et je sais qu’ils sont bien mais j’aime pas mais ils ont besoin aussi d’etre detacher de moi par contre ma derniere même pas en rêve 😂😂😂😂 Elle est trop petite et comme tu dis il y a que moi qui sait s’en occuper…. J’ai grandit sans maman perdu a l’age de 7 ans et depuis trou noir aucun souvenirs de mon enfance j’ai peur aussi qu’il m’arrive quelque chose et qu’ils arrivent pas a vivre c’est tellement difficile un papa c’est un papa mais une maman c’est pas pareil enfin pour ma part enfin je te comprend mon premier fils jules a aussi un retard de langage il a parler tard et depuis la moyenne section il fait de l’orthophoniste tt les semaine il est en ce2 et ça va bcp mieux parfois il melange les mots mais dans l’ensemble il a rattraper son retard on continu l’orthophoniste et je suis derriere lui pour les devoirs tt les jours je le lache Pas voila tu n’es pas seule 😂😜😊 bisous

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  2. Bonsoir, je me retrouve beaucoup dans ce que tu as écrit maman pour la première fois à 21ans puis maman une deuxième fois à 24 ans je suis enceinte de mon bb 3. Très mature pour min age j’ai eu besoin très vite de fonder notre famille il y avait au fond de moi se besoin de donner cette amour! Maman poule, mes enfants ressentent et peuvent angoisser à la séparation surtout mon petit deuxième! J’essaie de lacher prise sur mes enfants mais c’est compliqué car moi aussi j’ai douffert de l’absence de mon père (travail) et ma mère je ne la voyait pas beaucoup (divorce) 😒 Courage tu es une maman protectrice et je pense qu’il est preferable d’être trop que pas assez 😊 Profite de ta famille

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  3. coucou!!très beau résumé de ta vie de maman!!c’est super émouvant..on sent que sa viens du coeur!!merci de partager cela avec nous!

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  4. Un texte très émouvant…
    En tous cas je suis devenue maman il y a 8 mois Oui Oui enfin meme un peu avant car la grossesse est faite pour nous préparer à cela, je pense tout simplement que tu dois être fière d’élever ces beaux garçons! Car Oui tu les a mis au monde et forcément c’est tes bébés! Pas évident de les laisser, moi j’ai été déchirée quand il a fallu le laisser à 3 mois pour reprendre le boulo et en 12h mais j’apprends à faire confiance aux autres bien entendu des gens de confiance! Ca a commencer par ma mère puis la nounou puis mon conjoint et maintenant des amis … Oui oui tu finira par être épater de Toi même. Se séparer pour mieux se retrouver. Meme si les heures paraissent longues..:!!! Tu y arrivera mais surtout tu es leur maman et personne d’autre que Toi meme sait quel est le meilleur pour eux ! La mère parfaite n’existe pas mais aux yeux de nos enfants nous sommes les meilleures😉 Alors courage et surtout n’abandonne jamais!!! 😘

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  5. Je me retrouve dans ton récit, j’ai eu mon fils a 22 ans après 7 ans de relation avec mon conjoint (maintenant mon mari). La première fois que je suis sortie avec mon fils âgé de quelque jour j’avais l’impression que les gens me regardaiient de travers (comme pendant ma grossesse d’ailleurs) je sais pas j’étais peu être parano, La première fois que mon fils est aller à l’école et que j’ai du parler à sa maîtresse j’´ai eu l’impression que c’était moi qui retournait à l’école, il est rentrer au Cp cette année et j’ai toujours cette impression…. Mon amour de fils a été rejoint par une adorable petite fille il y a 3 ans.
    Mon père était beaucoup au boulot, ma mère c’est toujours occuper de nous mais a 16 ans je suis partie de la maison en internat pour ne plus y revenir.
    Je suis une personne réservée plutôt timide mais si on touche à mes enfants il faut mieux partir en courant, les avoir m’a donner de l’assurance enfin pas pour tout.
    Je suis une maman louve, les laisser même pour passer un Week end en tête à tête avec mon mari m’est difficile. (Au grand dam de mon homme)
    Les voir grandir est ce qu il y a de plus beau à mes yeux même si cela implique qu’ils se détachent de moi 😦
    Pour ce qui est de la peur de les perdre je pense qu’elle sera toujours présente, mais j’espère apprendre à la gérer avec le temps.

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  6. ils sont tellement mignons… oh, et puis ton texte est si réel ! Mais se remettre en question comme tu le fais, c’est déjà un énorme pas en avant.
    ne t’inquiète pas des avis des gens, tout le monde a ses défauts et cela n’empêche pas de grandir. On a tous rencontré des freins dans notre enfance et maintenant on va bien, aussi bien que possible !
    Ils n’auront de souvenir que l’amour de leur maman… ❤

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  7. Hello ! Je suis tombée sur ton article par hasard, et je l’ai trouvé très intéressant!
    J’ai 23 ans, je ne suis pas Maman, mais ton article me touche quand même.
    Ps: Ils sont trop beaux tes garçons! 🙂
    Plein de courage et de bonheur à toi & ta famille!

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  8. Pingback: Interview du lundi : à la rencontre de Twinny Mummy & Cie! ⋆

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