Je ne sais pas communiquer

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Bien que je sois d’origine très bavarde, j’ai malgré tout un soucis de communication. De manière verbale ou non, j’ai toujours eu du mal (que ce soit en amitié ou en amour)…

Après un gros travail sur moi-même, j’ai trouvé la source du problème dans mon enfance.
Je viens d’une famille où chacun était dans sa bulle, d’un diamètre assez large.
Une famille dont les membres ne sont pas du genre à discuter entre eux, et où chacun fait sa vie de son côté.
Les instants de rassemblement familial étaient plutôt rares. On peut malheureusement les compter sur les doigts de la main.
Le recul m’a donc apprit que mon côté individualiste vient de mon éducation.

Nous étions constamment sur la réserve, sans montrer nos sentiments, et presque tout était tabou.

Il fallait toujours être sur le droit chemin, donner l’impression d’aller bien, d’être en bonne santé, heureux, et ne jamais se plaindre.
Le but était de rentrer parfaitement dans le moule de la normalité.
Je n’ai jamais compris cette quête de « La Perfection« .
Certes, nous étions une famille aisée, qui se devait d’être toujours présentable, bien élevée, et bien habillée.
Mais personnellement, je ne suis pas convaincue que l’argent fasse le bonheur…

Avoir de l’argent c’est bien. Mais recevoir beaucoup d’amour, c’est tellement mieux !

Des démonstrations d’amour… Voilà ce qui m’a le plus manqué étant enfant.
Mes parents ont acheté mon amour au lieu de le montrer par des mots ou des gestes simples.
Il y avait toujours cette pudeur, cette retenue, comme si se dévoiler ne serait-ce qu’un petit peu était signe de faiblesse.

A l’adolescence, j’ai commencé à avoir des petits copains, des amourettes…
Mais j’étais incapable d’exprimer ce que je ressentait réellement.
J’étais une sorte d’handicapée de l’amour !
J’ai lâché mon premier « Je t’aime » très difficilement. Oui, oui, « lâché ».
Le mot semble dur, mais c’est la réalité.
J’ai dû « apprendre » à aimer.
J’ai dû apprendre quelque chose de pourtant naturel.

Puis à 17 ans, j’ai rencontré un homme, l’amour de ma vie !!
Avec lui tout est si évident.
Je l’aime d’un amour sans limite, cet amour indescriptible qui vous prend aux tripes et qui vous rend HEUREUX !
Avec lui j’ai vraiment compris ce qu’était ce sentiment si spécial…
Puis nous avons eu des enfants. 3 exactement et mon amour pour eux est tellement fort !
Ça dépasse vraiment tout ce que j’avais pu imaginer.
Du coup, je suis devenue plutôt extrême dans mes démonstrations d’amour envers eux.
Je leur répète que je les aime à longueur de journée, je les câline, les embrasse… Ils sont toute ma vie !!
Mais comme pour contre-balancer ces excès d’amour, j’ai gardé une emprunte plutôt exigeante avec eux, comme un héritage de mon éducation.
J’aime que les choses aillent dans mon sens, je perds vite patience lorsque tout ne se passe pas comme je l’avais prévu, je m’énerve, je crie puis il m’arrive de me terrer dans un silence sans fin…

Voilà un de mes plus gros défaut !

Telle une huître je me renferme sur moi-même lorsque ça ne va pas, pourtant j’aimerais en dire des choses mais j’en suis incapable, à chaque fois, les larmes dévalent sur mes joues, ma gorge se serre fort et je deviens muette
Je dis souvent que mon blog est comme une thérapie pour moi, car ça me permet de mettre des mots sur des maux sans que je sois obligée d’ouvrir la bouche.
Mon cœur et mon esprit ne font qu’un dans ces moments-là et j’arrive à extérioriser ce qui me bouffe de l’intérieur.

Même si ça me fait un bien fou d’écrire, j’ai aussi beaucoup été déçue par mon entourage (qui me lit), surtout lorsque j’ai publié des articles d’appel à l’aide durant mon burn-out maternel…
Je me dis au final que ce n’est que ce que je mérite.
Personne ne s’inquiète pour moi car je dis toujours aller bien et je montre toujours le meilleur de moi-même dans toutes les situations.

Ce qui me rend triste aujourd’hui, c’est que mes enfants ne sont pas si différents de moi.
Je m’aperçois qu’eux aussi ont du mal à communiquer lorsqu’il y a un problème.
Peut être ont-ils peur d’être jugés, incompris ou encore réprimandés…
Ou peut-être ont-ils peur de me décevoir ?
J’aimerais tellement les aider, qu’ils soient en confiance et qu’ils n’aient pas peur de se confier à moi, leur mère…

Dans les choses « qui n’aident pas », il y a leur gémellité.
Ils ont leur propre langage, se comprennent, et n’ont pas besoin de se parler pour se comprendre.
Un simple geste ou un regard suffit parfois à les mettre en phase.
Cet aspect de la gémellité me fascinera toujours !

Il sont encore «petits », mais j’espère que les choses changeront en grandissant…
Je sais que les efforts doivent venir de moi, et que mon exemple les aidera à ne pas devenir ce que je suis aujourd’hui.
Ils ont la chance d’avoir un père communicatif, et je souhaite de tout cœur qu’avec le temps, ils pourront s’appuyer sur lui comme modèle.

J’espère que plus tard, ils sauront COMMUNIQUER !

13 réflexions sur “Je ne sais pas communiquer

  1. Je me retrouve beaucoup dans ton texte. Par contre, je suis beaucoup plus à l’aise à l’écrit. Je dis souvent beaucoup plus en un texto qu’en une soirée en face à face …
    Je suis pressée que mes enfants sachent lire. Je serai la reine des petits mots doux ! 💕📝

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  2. Je te reconnais totalement dans ta description. Meme si on est copines depuis un petit moment j ai toujours senti cette distance. Je l ai pris pour moi puis j ai commencé à te connaitre et je me dis qu en fait tu es comme ça. En tout cas c est très bien d en parler et d y réfléchir 🙂

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  3. Tu sais, quand tu dis « J’aime que les choses aillent dans mon sens, je perds vite patience lorsque tout ne se passe pas comme je l’avais prévu » je pense que là aussi c’est une des conséquences de ton éducation. Que les choses respectent la norme, que tout suive son cours, les règles prescrites, bref que rien ne sorte de l’ordre établi. La question qui se pose, à mon sens, dans ce type de situation, est de savoir si le gros problème que tu rencontres est de ne pas pouvoir exprimer ton ressenti, ou plutôt si c’est le fait que tu sois perdue, perturbée justement parce que ce qui se passe n’est pas comme tu le veux.
    Car la communication c’est une chose, ta façon de vivre les choses en est une autre.

    Et ne pas réussir à supporter le non-prévu, le non-maîtrisé, peut avoir comme conséquence de te renfermer sur toi-même, et gêner ta communication. En soi, comme tu le dis, pour contre-balancer ce souci dont tu as réussi à identifier l’origine (ce qui est bien !), tu as des attentes, et envie que tes enfants ne connaissant pas la même chose. Toutefois, à mon sens, le mieux ne serait pas d’avoir envie de tes enfants qu’ils n’aient pas ce souci, mais simplement qu’ils n’en aient pas, tout simplement. Cela aurait aussi l’intérêt pour toi de faire preuve de plus de lâcher-prise envers eux, d’avoir moins d’attentes, car qui dit attentes non satisfaites dit déception.
    T’occuper d’eux comme bon te semble pour eux, et non pour éviter qu’ils soient comme toi, est je pense le mieux que tu puisses faire, et donnerait d’autant moins d’importance à ton éducation et les conséquences négatives qu’elle a pu avoir.

    J’espère ne pas te sembler trop « direct » dans mon avis, c’est ma personnalité à moi 😉

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  4. Bonjour, merci pour ce texte que j’ai trouvé en cherchant « Communication famille » sur Hellocoton. J’ai 20 ans et je vis exactement la même situation familiale en ce moment, qui devient tellement toxique. J’ai décidé de contrer le sens des habitudes familiales et d’en parler pour une fois avec eux, dans les prochains jours pour exposer la souffrance que cette situation provoque.
    Merci car je me retrouve totalement dans cette description et parce que cela me laisse un peu d’espoir pour la suite aussi. Sur le fait d’Apprendre à aimer notamment, le plus dur pour moi.
    Je te souhaite une douce soirée,
    Marina

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  5. Tellement parlant pour moi ce texte.
    Pas le même contexte mais la même difficulté à me sentir à l’aise dans certaines situations… Je ne suis pas quelqu’un de tactile, parce qu’on ne l’a pas été avec moi (et parce que ma mère n’a pas reçu non plus cet amour la…)
    J’essaie d’être différente avec mes enfants mais malheureusement il y a des choses bien trop ancré…
    Mon homme m’a aussi bcp aidé à me libérer au niveau de la parole mais encore maintenant je ne suis pas hyper démonstrative et ça me touche énormément qd on me le fait remarquer !
    En tout cas ça me rassure de lire que je ne suis pas la seule ds ce cas 🙂
    Une chose est sûre : on les aime nos enfants et meme si on est un peu maladroite je pense qu’ils le savent et le ressentent.

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  6. J’aurai pu écrire ce texte mot pour mot… tellement du bien de mettre des mots sur un mal-être et de se sentir « comprise » par quelqu’un qui ressens les mêmes choses. Je suis aussi très très démonstrative avec ma fille de 1 an mais uniquement dans l’intimité, dès qu’il y a du monde je me renferme et ne montre plus cet amour. Ma fille fait exactement comme moi et c’est très dur de voir que ses gestes de « rejet » sont un reflet des miens!!
    Merci beaucoup pour ce texte

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  7. Bonjour quand j’ai lue votre blog je me suis retrouver dans votre texte , j’ai un enorme souci de communication encore aujourd’hui que ce soit avec mes amis,famille, ou en amour
    Je n’arrive pas communiquer et cela me fait souffrire atrocement .
    Je vous souhaite une bonne journee et merci

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