Naissance d’une maman et de deux bébés

Aujourd’hui, je profite du rendez-vous mensuel de la #TeamMultiples qui porte sur nos témoignages autour de l’accouchement et la grossesse gémellaire pour vous raconter mon histoire. Et ça tombe bien car je n’ai jamais vraiment pris le temps de vous parler de cette journée inoubliable !
twinsou twinny mummy

 

Pour commencer…

 

On peut dire que j’ai vécu une grossesse gémellaire plutôt sereine et paisible. Pas de désagréments de début de grossesse, pas de complications, ni d’hospitalisation pour MAP (menace d’accouchement prématuré), bref, une grossesse de rêve ! Et pourtant, les grossesses gémellaires sont considérées comme « à risques », je vous laisse donc imaginer les nombreux contrôles, examens médicaux, échographies… Tout est d’entrée multiplié par deux ou plus^^ Même si ça peut paraître stressant, personnellement, j’ai trouvé plutôt rassurant d’avoir un suivi aussi intensif surtout lorsqu’il s’agit d’une première grossesse ! D’ailleurs, pour connaître en détail notre réaction lorsque l’on a su qu’il y en avait deux, je vous invite par ici 😉

 

Remontons à présent, il y a plus de 4 ans en arrière…

Nous sommes le mercredi 31 août 2011, je suis dans ma 38ème semaine aménorrhée. Au rendez-vous de contrôle chez le gynécologue, comme d’habitude RAS… Col long, fermé, postérieur, pas une contraction à l’horizon, les bébés vont bien, ils ont encore de la place et sont en bonne position pour la sortie donc il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Mais il y a toujours un « mais »… Le terme pour une grossesse gémellaire est de 39 semaines d’aménorrhée (ce qui correspond à 41 SA pour une grossesse simple). Donc si mes chers bébés ne se décident pas d’eux-même, il va falloir aller les chercher de force ! Car avec les grossesses multiples, pas de prise de risque, c’est 39 SA grand maximum et puis c’est tout (du moins pour mon cas) ! La date du déclenchement est donc programmée : le vendredi 2 septembre 2011.

Je suis dévastée, je ne veux pas, j’ai peur, je ne suis pas prête ! Au fond de moi, j’ai une peur bleue de l’accouchement par voie basse et en plus, mettre au monde deux bébés… Je suis terrorisée !! Alors je craque, je demande à mon gynécologue s’il ne veut pas me laisser un peu de délai, j’aimerais tellement que mes bébés viennent naturellement. Même si tout va bien, il ne préfère pas prendre de risque. Finalement, mon gynécologue aura pris pitié de moi en me programmant le déclenchement le jour de sa garde à la clinique, rendez-vous prit le mardi 6 septembre 2011. En contre partie, j’ai obligation de réaliser un monitoring tous les jours jusqu’au jour J.

Le samedi 3 septembre 2011, nous nous rendons donc à la maternité pour faire un monitoring (ma sage-femme ne travaillant pas à domicile le week-end), on m’installe dans une salle de consultation, puis on me pose les différents capteurs sur le ventre et ce durant plus d’une heure… C’est long… Et stressant ! Les capteurs me donnent des contractions mais je ne ressens aucune douleur. La sage femme qui s’occupe de nous s’inquiète un peu, elle décide de me laisser encore un petit moment sous monitoring… On ne sait pas trop ce qu’il se passe mais on prend notre mal en patience ! Il n’y a que ça à faire… Puis vient le gynécologue de garde pour le week-end, il regarde les tracés puis nous explique que « J1 » supporte mal les contactions… Son petit cœur ralentit à chaque fois, ce qui n’est pas très rassurant. Il faut donc commencer à songer à une éventuelle césarienne d’urgence dans les heures ou jours à venir. En attendant, nous partons faire une échographie pour voir s’il reste assez de liquide amniotique vu le terme… C’est quand même très rare d’arriver à ce stade-là avec des jumeaux. A l’échographie, le gynécologue s’aperçoit que « J2 » prend un peu trop de place et que « J1 » n’a plus beaucoup de liquide amniotique (il s’agit d’une grossesse monochoriale bi-amniotique, c’est à dire : 1 placenta pour 2 poches séparées d’une fine membrane). Il décide donc de m’hospitaliser au cas où pour pouvoir agir vite en cas de problème.

Tout se chamboule dans ma tête, me voilà hospitalisée à la clinique avec un peu d’avance finalement… Mon col est toujours verrouillé ce qui étonne le gynécologue vu comme « J1 » est engagé… C’est donc parti pour tout un tas d’examens : prise de sang, pose de cathéter, analyse d’urine… Je suis mise sous monitoring toutes les 2h-3h jour et nuit, ce qui est vraiment très désagréable. Le lendemain matin, on me demande de prendre une douche à la bétadine et on m’installe en salle de pré travail au cas où… L’attente est longue mais grâce au soutien et à la présence de ma moitié, je vis plutôt bien cette hospitalisation. Nous sommes conscients que la santé de nos deux petits bébés est en jeu, nous prenons donc notre mal en patience. Finalement tout va bien, je retourne dans ma chambre avec une surveillance sous monitoring plusieurs fois dans la journée et la nuit. Le lendemain, le lundi 5 septembre 2011, même procédé que la veille : douche à la bétadine, monitoring en salle de pré travail… et toujours rien à signaler, col toujours fermé, peu de contractions, nous voilà à 39 SA+ 2 et l’équipe médicale est étonnée de me voir encore là ! Ils ont d’ailleurs du mal à me croire lorsque je leur dis en attendre deux ! Et pourtant…

Nous sommes le mardi 6 septembre 2011, ça y est, c’est le grand jour ! Je suis debout depuis 6h30, une énième fois lavée à la bétadine… Je suis prête ou presque ! À mon réveil, j’ai ressenti des douleurs au bas ventre, je contracte enfin je crois ! C’est désagréable mais encore supportable, je contracte toutes les 10 minutes environ. Ce matin, pas de monitoring contrairement aux autres matins. De toute façon, c’est pour aujourd’hui dans tous les cas. Chéri me rejoint puis on patiente… Nous attendons de longues heures dans la chambre en attendant que mon gynécologue vienne m’ausculter. Lorsqu’il franchit enfin la porte, il est déjà 10h30 ! Totalement débordé par tous les accouchements qui ont lieu, il m’ausculte rapidement, me demande si j’ai des contractions puis m’annonce que mon col est encore fermé, long, postérieur… Les contractions que j’ai depuis tôt le matin n’ont aucun effet sur mon col ! Il nous propose donc deux options :  

1. procéder à un déclenchement qui peut s’avérer très long vu mon col peu coopérant et qui pourrait éventuellement finir en césarienne d’urgence si le travail est trop long….
2. procéder à une césarienne dans l’heure qui vient…

Nous nous écrions alors : Césarienne !! Je pense à ce moment-là prendre la bonne décision avec chéri, j’en ai marre de toute cette attente et j’ai surtout très peur d’accoucher par VB donc c’est décidé, nous allons procéder à une césarienne vite fait bien fait et j’aurai enfin mes bébés près de moi ! Depuis le temps que nous les attendons, il est temps de passer à la délivrance. Le gynécologue nous donne rendez-vous vers 11h au bloc. Toute l’équipe médicale s’empresse donc de me préparer (désinfection, rasage, pose de poche urinaire, PDS…) puis on me descend au bloc. Chéri est toujours avec moi, il attend pour se changer afin de pouvoir assister à la césarienne. Mes contractions sont de plus en plus douloureuses et rapprochées, mais on ne peut pas me soulager pour le moment, il faut que je patiente encore un peu. Nous attendons de longues minutes, c’est la folie ce jour-là, tous les blocs sont occupés, je suis donc emmenée au service des soins intensifs. J’avoue que sur le coup, ça m’a un peu refroidie de me dire que j’allais donner naissance à mes bébés dans un tel service, mais bon, je n’avais pas vraiment le choix. Vers midi, un bloc se libère enfin, l’anesthésiste arrive, on demande donc à chéri d’attendre dans le couloir le temps que l’on me pose la rachi-anesthésie. L’équipe est très sympa et rassurante avec moi, je me sens bien. L’anesthésiste me demande de faire le dos rond mais les contractions m’empêche de me mettre correctement, je prends donc sur moi en me disant qu’une fois la rachi anesthésie posée, je serais enfin soulagée. Le produit fait très vite effet, je ne sens plus mes jambes, c’est assez spécial comme sensation. Toute l’équipe continue à s’affairer en installant le champs devant moi, en me mettant un capteur au doigt, on me pose des questions, me demande si ça va. Je me sens vraiment bien entourée. Puis mon gynécologue arrive et procède directement à la césarienne, chéri rentre dans le bloc au même moment, je suis déjà « ouverte » mais je n’en savais rien, je le regarde et lui dis « ça va ? tu as l’air tout blanc ? tu es sûr que ça va ? » et il me rassure en me serrant la main et en disant que tout va bien, que je n’ai pas à m’inquiéter pour lui. Je sens mon bas du corps bouger de tous les côtés puis il y a un bruit d’aspiration qui n’est pas très agréable à entendre… J’essaie de penser à autre chose et d’apprécier l’instant car « on » était en train de mettre mes bébés au monde ! 12h14, j’entends un petit cri, ça y est notre premier bébé est né, on m’annonce que vu que l’équipe est en sous effectif et qu’il n’y a qu’un seul pédiatre, je ne verrais pas de suite mon bébé car il y a le deuxième à sortir, je suis submergée par les émotions ! 12h15, un deuxième petit cri se fait entendre, notre deuxième bébé est là ! On l’enveloppe dans une couverture et on me laisse l’embrasser rapidement avant de l’emmener rejoindre son frère pour les premiers soins. Chéri les accompagne un moment puis revient dans le bloc accompagné de la pédiatre pour me montrer nos deux petits anges et me rassurer que tout va bien pour eux. Je suis sur mon petit nuage, mes bébés sont nés, enfin ! Je ne réalise pas trop ce qui vient de se passer, tout est allé si vite ! Tout mon esprit est occupé par eux, il me tarde de les retrouver !

 

Encore une fois, il va me falloir être patiente, la salle de réveil du service est archi complète, on me fait donc patienter dans le bloc pendant que l’équipe procède au rangement et au nettoyage de la pièce. Une bonne heure après, on m’emmène enfin en salle de réveil, je peux déjà bouger mes membres inférieurs, je suis rassurée, j’espère donc de tout cœur ne pas trop rester trop longtemps ici ! Les infirmières du service me trouve blanche mais je les rassure en leur disant que je vais bien et que je suis comme ça d’origine. Je veux qu’une chose : voir mes bébés !!
Une petite demi heure plus tard, me voilà enfin dans ma chambre, je découvre mes deux bébés dans une couveuse qui les maintient au chaud car ils avaient une température un peu basse à la naissance. Chéri m’annonce leur poids et taille, 2k700 pour 47,5 cm pour Ezio et 2kg630 pour 47 cm pour Ilhan ❤ Puis il m’explique comment se sont passés les soins et me raconte qu’ils ont déjà pris 15 ml de lait dans un biberon car ils se « tétaient » la main entre eux… J’avoue que ça m’a un peu déçue car j’avais dans l’idée de leur donner au moins la tétée de bienvenue (je ne souhaitais pas allaiter) mais à ce moment-là, la sage femme me rassure en me disant que je peux toujours leur donner le sein à leur prochain réveil (chose que je ne ferai finalement pas). Entre temps, ma maman et belle maman arrivent puis ma belle sœur. Notre petit moment à 4 est de courte durée pour le coup mais ce n’est pas grave, je suis tellement heureuse et fière de présenter nos petites merveilles à nos familles respectives !

L’après césarienne est difficile, je suis fatiguée, j’ai mal, je ne peux pas bouger… Heureusement que chéri est là pour s’occuper de nos bébés ! Je suis un peu frustrée de ne pouvoir rien faire mais c’est ainsi… Pour le coup, je me dis que j’ai un peu tout loupé : le premier biberon, le premier changement de couche, le premier bain, les premiers soins… C’est dur dans ces conditions de vraiment se sentir mère ! Puis j’ai pu me lever au bout du troisième jour après avoir reçu 2 CC de sang en transfusion… Les infirmières avaient vu juste au final car il s’est avéré que j’étais bien anémiée (avant et surtout après la césarienne). Ce jour là, c’était le premier bain d’Ilhan qui avait eu des soucis de température basse jusque là. Mais je suis restée spectatrice encore une fois, j’étais trop faible pour pouvoir rester debout plusieurs minutes. C’est aussi ce jour là que j’ai pu découvrir mon nouveau reflet dans le miroir… le choc… je ne me suis pas reconnue, j’ai eu l’impression de me voir 10 ans en arrière lorsque j’étais juste une ado. J’étais mince, les traits du visage creusés, j’avais littéralement dégonflé ! J’ai même demandé à pouvoir me peser pour me rendre vraiment compte, résultat : -10kg contre 9 pris pendant la grossesse… J’étais plutôt contente mais aussi perturbée par cette nouvelle (et soudaine) apparence… Puis les jours passent et je suis toujours autant fatiguée, pour pouvoir récupérer un maximum et être vite en forme, l’équipe médicale nous conseille de mettre les Twinsou en nurserie pour la nuit. C’est un déchirement chaque soir de les laisser…
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Nous sommes le lundi 12 septembre 2011, le soleil brille très fort dehors, pratiquement une semaine s’est écoulée depuis la naissance de nos merveilles ! Il est venu l’heure de rentrer chez nous et d’être enfin réunis tous les 4…

 

Une nouvelle page de notre histoire s’ouvre à nous, nous sommes enfin une Famille ❤
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Retrouvez par ici les récits d’accouchement de la #TeamMultiples

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7 réflexions sur “Naissance d’une maman et de deux bébés

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